Quelques informations historiques sur les cadrans solaires

De tout temps l'homme a ressenti la nécessité de mesurer le temps. De simples bâtonnets fichés en terre créant ainsi une ombre au sol, les menhirs et les dolmens qui faisaient office de calendrier annuel, les obélisques chez les Egyptiens (-145o), les gnomons à trous chez les Chinois (-9oo), la clepsydre ou horloge à eau en Mésopotamie (-4oo) sont autant de systèmes qui lui permirent de régler ses activités quotidiennes ou saisonnières.

On sait  que les Vikings se servaient d'instrument se rapprochant du cadran solaire pour la navigation. La Bible parle d'un cadran solaire, l'escalier d'Achaz (IIe Livre des Rois, XX, 9-11). Vers l'an 7oo fut développé le sablier, qui sera employé jusqu'au XVIIIème, en particulier dans la navigation.

Ce sont les Babyloniens qui divisèrent l'année en 12 mois, les semaines en 7 jours et le jour, c'est-à-dire l'intervalle entre le lever et le coucher du soleil, en 12 heures dont la durée étaient variables selon la saison. Ces heures sont dites "temporaires". Ce système est encore officiellement en usage dans les monastères du Mont Athos, dans le nord de la Grèce.

L'approfondissement des connaissances en astronomie permit de créer des cadrans solaires plus complexes, qui indiquaient non seulement l'heure mais d'autres repères tels que jours, mois, saisons, l'heure du lever et coucher du soleil, la durée du jour et de la nuit, l'heure des marées pour les régions maritimes, les heures de prières pour les communautés monastiques.

Les différents systèmes horaires

Dans le système des heures babyloniques, le jour est divisé en 12 parties. Le décompte des heures se fait à partir du lever du soleil et  l'on mesure le temps qui est écoulé depuis ce moment-là.
Ce système était utilisé dans le monde arabe, en Grèce, en Allemagne.

Le système des heures italique, qui divise également le jour en 12 parties, fait le décompte des heures à partir du coucher du soleil (aujourd'hui encore, par exemple, le Shabbat commence au coucher du soleil).
Certains cadrans montrent le nombre d’heures écoulées depuis le soir précédent, ils affichent alors des nombres entre 9 et 24. Pour d’autres, plus ruraux peut-être, on compte ce qu'il reste à parcourir dans la journée, donnant ainsi le temps de travail encore disponible avant la nuit.
Ce système était utilisé en Italie bien sûr mais aussi en Allemagne.
 
Depuis la Révolution française, ce sont les heures dites françaises, astronomiques ou encore équinoxiales qui sont en vogue : elles comptent le temps depuis minuit. Les Arabes découvrirent ce système très tôt, mais, tout comme les Allemands, Italiens et Français, ils ne l’utilisèrent qu'en astronomie. Ces systèmes « modernes » apportèrent le concept d'heures égales chaque jour de l'année, indépendamment de la durée de l'ensoleillement.

Du cadran solaire à la montre…

Les cadrans sont utilisés jusqu'au XIXème. Ils servirent même à régler les horloges mécaniques. Il est ainsi fréquent de trouver sur des édifices publics un cadran solaire à côté d'une horloge, fort imprécise jusqu'au XIXème.
Bien sûr tous ces systèmes dépendants du soleil indiquaient l'heure locale, rapportée à la position du lieu : chaque ville avait son heure
Le chemin de fer, le télégraphe et la radio rendirent nécessaire l'uniformisation de l'heure. Ce sera l'adoption de l'heure légale, 1886 en Italie, 1891 en France, en 1894 pour la Suisse. De même la précision des montres s'améliorera. Les cadrans solaires tomberont petit à petit en désuétude.

Aujourd'hui ils sont obsolètes en tant que système de mesure du temps, mais ils font partie de notre patrimoine historique, scientifique et artistique.
Ils amènent vie et poésie sur nos murs.
Ils nous incitent peut-être à une autre réflexion sur le temps…